À l’embrasure d’une porte le mot
silence comme
un embrasement souvenirs et mots mis
ensemble sur l’établi du poème
abrasement de la surface des reliefs et des mots
trop vifs embrasés
on veut cela des mots pour se tenir juste
à l’embrasure
*
C’est cela
abraser le poème au plus fort
longtemps jusqu’à
sentir sous les doigts sous
la paume
la juste limite
entre ce qui tient
entre ce qui perce
*
Ecrire sans suite
gris tenace (la pluie
ricoche)
on a
l’œil distrait du désordre
régnant
pas un bruit pas un
vrombissement ménager
on se demande ce qu’on fait
perdu là
au milieu des urgences
*
Ces mots qu’on emporte ou qu’on tourne
longtemps dans l’espace de tête font
comme une partition mal écrite on veut mettre
la pensée en sourdine laisser
les mots dans un coin
*
Ces mots qui roulent ou abrasent
on fait taire ou disparaître les signes
on laisse un léger vrombissement du poème au
désordre régnant
au milieu des urgences on se demande
en sourdine
la limite qui perce tenace
le gris qui ricoche
dans le grand espace de tête
embrasée
Très beau rythme, très belle forme, tout coule de source et le titre "prendre langue" a naturellement beaucoup de sens. Il y a quelque chose de vaporeux qui laisse divaguer notre imagination. Bravo !
Bonne continuation !