5. La succession, et ensuite ?

Par Chapo

Quelques jours plus tard, je pars en quête de la succession d’Étienne Trontin afin de découvrir ses héritiers et donc une éventuelle descendance.

Je n’ai pas vu les tables de successions et absences lors de ma précédente recherche dans la liste des documents numérisés sur le site internet des archives municipales de Lyon. Avant d’y consulter l’inventaire de tous leurs documents disponibles, je tente ma chance aux archives départementales : depuis que le Grand Lyon est devenu une métropole, il me semble que plusieurs archives lyonnaises leur ont été versées.

Je connais bien le site internet des archives départementales du Rhône sur lequel je me rends souvent pour accéder aux différents documents numérisés proposés. Mais je ne sais plus exactement tous les trésors qu’on peut y trouver. Dans la page « Archives consultables en ligne », les rubriques sont clairement listées, chacune étant illustrée d’une belle image représentative de son contenu. Je parcours rubrique après rubrique à la recherche de documents sur une succession, un testament, un convoi funéraire ou quelque chose en rapport avec un décès ou une sépulture : « Etat civil » : non, c’est ce que je viens de consulter ; « Recensements de population » et « Cadastre » : non, mais ce sera sûrement utile plus tard ; « Notaires » : c’est pas mal, mais ne connaissant que le nom du notaire devant lequel Étienne a passé son contrat de mariage avec sa première femme, ça reste très incertain ; « Insinuations du Beaujolais » : elles avaient cours pendant l’Ancien Régime me semble-t-il, et de toute façon, le secteur géographique n’est pas le bon(1), donc ça ne m’intéresse pas ; « Contrôle et Enregistrement » : ça doit être pas mal ! Je clique dessus pour en savoir plus. Les explications détaillées du contenu me confortent dans mon choix : parmi ces archives se trouvent entre autres les déclarations de successions. Le défi va maintenant être de dénicher le document pouvant contenir des informations sur le décès d’Étienne datant d’avril 1946 dans le cinquième arrondissement de Lyon (à l’époque, parce que pour faire simple, maintenant, son adresse se situe dans le neuvième arrondissement, créé je suppose postérieurement).

Un ou plusieurs champs sont à renseigner : « Bureau d’enregistrement », « Type d’acte », « Année » et « Période (année de début et année de fin) ». Je parcours d’abord le menu déroulant des bureaux d’enregistrement jusqu’à lire quelque chose d’intéressant. Voilà ! Après une longue liste avec de nombreuses communes du Rhône et différents éléments à Lyon, cinq lignes « Lyon - Successions 1 » à « Lyon - Successions 5 » se suivent. Je ne suis pas sûre que le chiffre corresponde au numéro d’arrondissement : autant commencer dans l’ordre. Puis je parcours le menu déroulant du deuxième champ et sélectionne « Table des successions et absences » au milieu de la longue liste proposée. Ayant déjà consulté ce type de document pour d’autres recherches, je sais que son contenu devrait correspondre à mon besoin actuel. Enfin, je tape 1946 dans le champ des années : le décès ayant eu lieu en avril, la déclaration de succession devrait avoir eu lieu la même année. Je clique alors sur le bouton « Rechercher » et j’attends les résultats… Deux documents me sont proposés : la table alphabétique des successions et absences des premier et deuxième arrondissements, et celle des quatrième et cinquième ! Quelle chance !

Je clique sur l’image qui ouvre le registre et ses deux cent trois pages. Chaque double-page concerne une quinzaine d’individus, un par ligne. Il ne me reste plus qu’à le parcourir pour trouver Étienne. Je saute de page en page jusqu’à arriver au T. Je deviens fébrile… En plus, il faut faire attention : les noms sont classés par ordre alphabétique de leur première lettre, mais ensuite, par ordre de date de succession. Étienne étant décédé en avril, il devrait se trouver plutôt au début du T. Après avoir tourné quelques pages, ça y est, je l’ai : TRONTIN Étienne !

C’est toujours une satisfaction que de trouver ce que l’on cherche, et je me demande ce que je vais pouvoir apprendre ! Je déchiffre colonne après colonne. Celles de la page de gauche ne m’apprennent rien de nouveau : Étienne était commerçant, il est décédé à l’âge de 73 ans, il habitait 1 rue Nérard, il est décédé le 11 avril 1946 et était l’époux de « Ferrolier ». J’arrive sur la deuxième page… quasiment complètement vide… Pff… Seule la colonne « date du certificat » comporte un tampon « répertoire : néant ». Me voilà bien avancée… Pourquoi la colonne qui listerait les noms de ses héritiers ou légataires, et les biens qu’il a laissés, est-elle vide ?! Pourquoi celle précisant les dates et numéros des déclarations des successions l’est-elle aussi… C’est agaçant ! Pour me consoler, je vois que c’est le cas de la majorité des autres lignes, mais c’est toujours rageant de ne pas avoir d’information alors qu’on serait susceptible d’en avoir une !

Bon, il faut donc que je trouve autre chose. Quel type de source vais-je pouvoir consulter pour finalement trouver les héritiers d’Étienne et ses éventuels descendants ? Hum… Là, je ne vois pas spontanément… De toute façon, j’ai déjà passé suffisamment de temps sur cette recherche pour aujourd’hui, autant laisser les idées venir sans y penser… Et je ne suis pas démunie pour mes prochaines recherches, puisque j’ai déjà une piste à suivre pour chercher le cimetière où Étienne a pu être inhumé : je me souviens avoir vu sur le site internet des archives municipales de Lyon que les convois funéraires étaient en ligne, peut-être que je pourrai y trouver quelque chose.

 

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(1) Il s’agit d’actes judiciaires portant sur l’enregistrement des actes de donation entre vifs et des provisions d'offices entre 1413 et 1790.

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