Elle sortit de son appartement en courant et en dévalant les marches, tentant de récupérer les secondes et les minutes perdues. Sakina se rendait à un entretien d’embauche dans un hôpital public de Paris. Ils recherchaient une assistante administrative pour un remplacement de congé maternité, un court contrat de trois mois, pile-poil ce qu’elle visait. Ce n’était pas très bien payé ; toutefois, cet emploi lui permettrait de participer au loyer. Cependant, pour avoir ce poste, elle devait commencer par être à l’heure.
Pour l’occasion, elle avait décidé de laisser ses cheveux lâchés, une valeur sûre pour le gain de temps que cette coiffure représentait. Mais elle n’était pas rassurée pour autant, car elle craignait que ses longues boucles brunes ne gonflent à force de courir. Sa tenue se voulait simple, avec un pantalon-cigarette noir et un léger chemisier blanc entré à l’intérieur. Elle se pressait dans les rues bondées du onzième arrondissement avec son cabas et son manteau souple à son bras. Dans son sac, elle avait glissé une paire d’escarpins noirs à petits talons, qu’elle chausserait en arrivant à l’hôpital, délaissant ainsi ses baskets blanches qu’elle portait pour plus de confort.
À quelques jours de ses vingt-deux ans, Sakina cherchait à entrer dans la vie active. Timide, surtout avec les inconnus, et pudique, elle évitait d’ordinaire les tenues courtes ou moulantes. Pourtant, ce jour-là, elle avait choisi des vêtements ajustés et cintrés, sans s’attendre à ce qu’ils mettent autant en valeur sa silhouette. Elle les avait achetés spécialement pour son entretien, sans même prendre la peine de les essayer. Mais, en se découvrant devant le miroir, elle les avait aussitôt retirés, fouillant dans son armoire pour se changer. Par manque de temps et sous la pression du moment, elle avait finalement renoncé. Son allure restait professionnelle, mais elle ne pouvait s’empêcher de trouver sa tenue trop révélatrice. En entrant dans le métro, elle se hâta d’endosser son long trench beige pour cacher ses jolies courbes.
Pourquoi l’atmosphère est-elle si pesante ? se demanda-t-elle en tirant légèrement sur le col de sa chemise pour y laisser passer un peu de fraîcheur. Les pauvres… Ils ont l’air aussi angoissés que moi… Elle mit ses écouteurs, lança sa playlist, espérant se sentir plus apaisée, et s’installa sur un strapontin en gardant l’œil sur sa destination. Un, deux, trois arrêts, c’est rapide !
Sakina venait tout droit d’une petite ville de Bourgogne. Cela faisait seulement deux mois qu’elle vivait à Paris avec sa colocataire, ou plutôt sa meilleure amie d’enfance, Kanie. Son acolyte préparait des études de droit et travaillait dans un restaurant après les cours et les week-ends. C’était justement une très bonne connaissance de Kanie, Manel, qui leur avait laissé son appartement pour toute l’année, un magnifique trois-pièces dans le onzième arrondissement.
Elle sortit toute souriante de son arrêt, fière d’avoir réussi à prendre le métro dans le bon sens. Cependant, sa joie fut de courte durée ; à sa sortie, elle se trompa de rue et se perdit dans le dixième arrondissement. Après plus de dix minutes de marche, elle comprit qu’elle s’éloignait toujours un peu plus de son lieu de rendez-vous.
« Si je fais demi-tour, je vais aggraver la situation », souffla-t-elle. « Pourquoi n’ai-je pas fait du repérage hier ? Ça m’apprendra, voilà ! » Le visage grimaçant, les bras ballants, elle reprit la route. Elle s’aida d’une application sur son téléphone, mais sans succès. « Ah non, j’comprends rien ! » lança-t-elle à haute voix, les mains sur la tête.
Elle se décida à contacter l’employeur pour l’avertir de son éventuel retard. Après son appel, alors qu’elle s’inquiétait pour sa propre personne, elle aperçut juste en face d’elle une grande femme en pleine chute. Elle accourut aussitôt vers elle.
— Madame ! Vous allez bien ?
La vieille dame avait l’air désorientée, ce qui était tout à fait normal au vu de la situation. En revanche, ce qui sembla étrange à Sakina, c’était la vive émotion qui la traversa lorsqu’elle lui prit la main : si intense qu’elle se sentit presque engloutie par un flot de tristesse et de désespoir. Qu’était-ce donc ? se demanda-t-elle, déconcertée par cette onde soudaine. Puis, aussi vite que ce sentiment l’avait envahie, il se dissipa. Sakina tenta alors de l’aider à se relever, mais, en constatant son état, elle se ravisa aussitôt et lui proposa de faire appel à une ambulance.
— Nina ? L’ambulance arrive bientôt, je vais attendre avec vous.
La jeune fille, le sourire chaleureux, s’installa sur le trottoir près d’elle, tout en priant pour que son pantalon ne se déchire pas. Si cela devait arriver, elle le prendrait comme un signe que ce poste n’était pas fait pour elle. De toute façon, l’idée de laisser Nina seule lui semblait bien plus insupportable.
— Vous n’êtes pas obligée, vous avez peut-être des choses à faire ?
— Oh, ça ira. De toute façon, au point où j’en suis, c’est foutu.
— Comment ça ?
— J’avais un entretien d’embauche à onze heures et là… il est exactement onze heures, dit-elle en consultant son smartphone, l’air dépité.
— Oh ! C’est ma faute, je…
— Non, pas du tout ! répondit-elle, confuse, en secouant la tête et en agitant les bras. Je me suis perdue en sortant du métro, mais surtout, je suis sortie trop tard de chez moi. Vous n’y êtes pour rien !
— Vous les avez prévenus ?
— Qui ? Ah, oui… l’employeur ! Haha… je les ai appelés avant de vous rencontrer et euh… l’hôtesse m’a dit qu’il n’y avait pas de souci, la personne qui doit me recevoir est finalement occupée jusqu’à 11 h 30 maxi.
— Alors, c’est parfait ?
— Oui, mais… je ne connais pas le chemin, donc… euh… mais… dites-moi ? Vous êtes malade ? demanda-t-elle, hésitante.
— Pourquoi cette question ?
— Euh… comment dire… vous me semblez très pâle.
— Ah, ma jolie, c’est normal, c’est douloureux !
Sakina comprenait tout à fait que la vieille dame ne veuille pas lui répondre franchement ; après tout, elle n’était pour elle qu’une inconnue. Pourtant, elle avait l’impression que cette dernière cachait quelque chose de bien plus grave, sûrement une maladie. Elle aurait aimé lui poser la question de manière plus directe, mais elle se convainquit que cela ne la concernait pas.
— Oui c’est vrai, je suis désolée. Vous avez soif ? J’ai de l’eau dans mon sac, je n’y ai pas encore touché.
— Oh ça ira Sakina ! Je n’ai pas soif et puis ça me fait plaisir que vous me teniez compagnie.
— C’est normal, j’vais pas vous laissez toute seule comme ça. Mais dites-moi, vous avez de la famille à prévenir, non ?
— Oui, mais je les appellerai en arrivant à l’hôpital, ils sont occupés là maintenant.
— J’pense pas que vous les dérangerez et…
Nina l’interrompit.
— Je ne veux pas les inquiéter, ce n’est qu’une égratignure et puis je crois que ma petite fille va me disputer, elle qui voulait absolument m’accompagner.
— Je pense qu’elle sera triste et non en colère, mais… euh…. Nina ? Je suis désolée d’insister, mais je pense que vous avez plus qu’une égratignure. Sakina ne put s’empêcher de la questionner, sa curiosité prit le dessus sur les bonnes manières. Vous avez autre chose, non ?
— Disons que j’ai bien autre chose, mais je veux te poser une question moi aussi ma jolie. Ça n’te gêne pas que j’te tutoie ?
— Non, non… pas du tout, j’vous écoute.
Elle pensa sur le moment que la vieille dame tentait de fuir la conversation en changeant de sujet.
— Qui es-tu ?
Sakina jeta un regard à gauche, puis à droite, avant de le fixer de nouveau sur Nina, en plissant ses yeux et en pinçant ses lèvres se demandant si celle-ci ne souffrirait pas de pertes de mémoire.
— Je… euh… Sakina.
— Non, je veux dire qui es-tu ? Lorsque tu as tenu ma main tout à l’heure, je me suis sentie soudainement apaisée, je n’ai jamais ressenti un tel sentiment de bien-être, et puis je suis persuadée de m’être blessée sérieusement.
— Ah ! Eh bien, je suis contente de savoir que je vous ai apaisée, c’est indirectement ce que j’espérais ! Si vous vous sentez mieux, c’est ce qui compte. Mais je vous assure, je n’ai rien fait de spécial.
L’inquiétude la gagnait malgré tout ; elle se demandait maintenant si Nina ne s’était pas cogné la tête en tombant et ne divaguait pas un peu.
— Je comprends que tu ne veuilles rien dire. Mais… dis-moi, tu ne serais pas l’ange de la mort par hasard ?
— Ah ! Non, non, pas du tout !
La question la fit rougir. Elle se leva rapidement en riant du trottoir où elle était assise et, d’un geste un peu nerveux, épousseta son pantalon et son manteau. Comment peut-elle imaginer ça ? Moi, un ange de la mort ? pensa-t-elle, partagée entre l’amusement et l’embarras.
— Désolée je pensais que c’était mon heure…
Finalement, en l’observant de plus près, Nina fut plutôt convaincue que cette jolie fille devait être son ange gardien qui l’accompagnerait pour sa fin de vie. Elle lui semblait si innocente, si bienveillante avec son sourire chaleureux et son visage doux parsemé de taches de rousseur sur le haut du nez et de ses joues rosies.
— Ah, heureusement, non ! Je suis juste un simple être humain, répondit Sakina, encore un peu gênée. Mais regardez, voilà l’ambulance ! dit-elle en la lui pointant du doigt.
Adela arriva quelques minutes plus tard. Sakina décida de s’éloigner afin de les laisser discuter. Elle en profita pour demander au collègue du conducteur le chemin à prendre pour se rendre à pied à l’hôpital. Elle prévoyait de s’éclipser dès que l’ambulancier fermerait les portes, car il lui restait moins de quinze minutes pour son rendez-vous. Le chauffeur, charmé par la demoiselle, lui proposa de monter et même d’aller boire un verre en fin de journée, mais elle refusa poliment. Elle retourna vers Nina pour la saluer avant de partir.
Curieuse, elle se mit un instant à l’écart, à contempler à la dérobée Adela. Cette dernière dégageait quelque chose de spécial qu’elle ne pouvait déchiffrer. Sakina redoutait même de croiser son regard, bien qu’Adela semblait avoir son âge. Pourquoi suis-je autant intimidée ? se demanda-t-elle en secouant la tête et en refermant fortement les yeux, se planquant un peu plus derrière la portière du fourgon.
« Attendez ! S’il vous plaît ! Où est la jeune demoiselle ? questionna Nina tracassée en toussotant.
Sakina fut surprise qu’elle la cherche. Elle se montra tout sourire, mais gênée par tous les regards posés sur elle.
— Je suis juste là, madame ! répondit-elle mal à l’aise en sortant de sa cachette.
— Je voulais te remercier Sakina.
— C’est déjà fait, prenez soin de vous c’est le principal !
— Je pourrais avoir ton numéro ?
Sakina regretta de ne pas le lui avoir demandé en premier.
— Bien sûr ! Je vais prendre le vôtre aussi, comme ça, je pourrais prendre de vos nouvelles.
— Mais oui avec plaisir, tu es adorable ma petite.
Ce compliment la fit rougir, elle se vit comme une petite fille de cinq ans recevant des éloges. Elle tenta de retrouver son numéro qu’elle venait à peine de changer. Elle chercha tout agitée dans son répertoire, puis le lui communiqua timidement avant de s’en aller.
— Bonne journée à vous et encore bon rétablissement Nina !
Sakina, sans attendre de réponse, courut en direction de l’hôpital en suivant les instructions de l’ambulancier, alors qu’Adela l’observait s’éloigner d’un air intrigué.
***
Elle se rendit en fin d’après-midi, à son second entretien d’embauche pour un poste identique, mais dans une société de sécurité bien plus éloignée de son domicile. La journée fut éprouvante ; elle rentra chez elle, épuisée. Après avoir fait ses prières, rangé ses affaires, et l’appartement qu’elle avait mis un peu plus tôt en pagaille, elle alla prendre un bain, le premier qu’elle s’autorisait depuis son emménagement. Au début, elle pesta, car l’eau chaude tardait à venir. Peu de temps après, la buée enveloppait la pièce, et la mousse onctueuse débordait. Les bougies parfumées, disposées sur un long meuble bas en face de la baignoire, créaient une ambiance douce et apaisante, tandis que l’odeur délicate de pivoine embaumait l’espace et au-delà. Dans le silence et le calme absolu, seul le son de ses mouvements dans l’eau chatouillait ses oreilles. Le corps détendu, les yeux clos, elle s’obligea à ne songer à rien, à simplement décompresser.
Ce moment relaxant terminé, elle s’allongea sur le canapé du salon dans son pyjama crème en satin assez ample, sa chevelure enroulée dans une serviette microfibre. Elle se promenait de temps à autre sur les réseaux sociaux ou visionnait quelques épisodes de série en attendant sa colocataire. Malgré ces distractions légères, elle ne cessa de repenser à cette journée assez spéciale et en l’occurrence, à Nina. Elle avait trouvé une nouvelle amie. Cette dame, aux cheveux courts blonds grisonnants, arborait un visage souriant recouvert de rides d’inquiétude. Sa grande taille et sa corpulence lui conféraient une apparence solide, pourtant au sol, elle paressait si fragile. Son allure soignée, son regard bienveillant, et son parfum familier, éveillaient en elle une sympathie encore plus forte.
Kanie franchit la porte d’entrée vers vingt-deux heures, avec le dîner du soir dans les bras.
— Hello me voilà ! fit-elle.
Elle portait son uniforme de travail : un chemisier blanc et une jupe courte noire, alternant parfois avec un pantalon. En plus du repas, elle tenait à la fois son manteau et son sac cabas contenant ses habits de la journée et ses cours.
Elle retira ses chaussures, les rangea soigneusement et posa ses affaires sur la commande de l’entrée. Son visage dégageait une douceur apaisante : ses grands yeux en amande d’un ton très clair contrastaient avec sa couleur de peau légèrement foncée et ses longs cils épais lui donnaient un aspect maquillé.
Bien que discrète, sa prestance attirait le regard et parfois, elle recevait des remarques déplacées sur ses formes généreuses, ses cheveux, ou simplement pour ce qu’elle était dans son entièreté. Coiffée d’une queue de cheval, en entrant dans le salon, elle détacha l’élastique et laissa retomber ses fines tresses avant de tendre le bras.
— Tiens ! Ce soir on a le droit à du saumon.
Alors que le sommeil commençait à l’emporter, l’arrivée de Kanie l’avait redynamisée, elle se releva du canapé prêt à récupérer le repas.
— Oh, cool ! Merci Kanie ! s’écria Sakina pleine de joie.
— Ben bravo ! T’es contente de voir la nourriture, mais pas moi, grommela Kanie, sourcils froncés.
— Oui… oui… arrête ta comédie, tu sais bien que je suis contente de te voir, j’ai plein de choses à te raconter en plus ! Mais là j’ai trop faim.
Elle lui prit le sac des mains et l’ouvrit impatiente.
— Je vais aux toilettes, j’arrive, tu touches pas, tu m’attends ! s’écria Kanie.
— Oui chef, mais fais vite s’il te plaît.
— J’arrive j’ai dit !
Son regard menaçant avait réussi à calmer l’estomac capricieux de Sakina.
Parfois, elle se demandait comment elle ferait sans son amie, sa confidente, sa conseillère, toujours présente et à l’écoute, et qui, depuis un mois, rapportait à manger quasiment tous les vendredis soirs, un service non négligeable.
Lorsque Sakina avait annoncé son désir de vivre à Paris avant l’été, Kanie n’avait pas hésité un seul instant à changer ses plans pour l’accompagner. Sans sa meilleure amie, Sakina serait sans doute dans une chambre universitaire ou dans un foyer de jeunes travailleurs, et non dans ce bel appartement hors budget. Ce logement au style contemporain et très fonctionnel offrait une ambiance chaleureuse. Les meubles en chêne massif aux teintes claires et naturelles apportaient une touche d’élégance discrète et authentique. Leurs lignes épurées s’accordaient parfaitement avec le parquet en bois et les grandes fenêtres qui illuminaient l’espace durant la journée. La décoration restait sobre, avec des rideaux vert sauge, des voilages légers et des murs blancs. Quelques céramiques de couleur terre cuite et des livres soigneusement empilés soulignaient cette chaleur rustique et raffinée du salon. Le canapé d’angle gris, orné de coussins aux tons bleu profond et sable, ajoutait, quant à lui, une pointe de fraîcheur. Mais ce qui conférait tout son charme à cet appartement, c’étaient les nombreuses plantes dépolluantes et décoratives, disséminées çà et là.
Manel, issue d’une famille aisée avec plusieurs propriétés en France et à l’étranger, avait refusé les deux premiers loyers, laissant ainsi à Sakina et Kanie le temps de trouver un emploi et de consacrer leur budget à d’autres dépenses. Dans ce quartier, le prix moyen mensuel pour un logement similaire dépassait les mille huit cents euros, mais Manel ne réclamait que la moitié du montant.
Sakina, qui ne la connaissait pas auparavant, avait été touchée par sa générosité. Grâce à son aide, elle pouvait profiter de la présence de sa meilleure amie Kanie, de ses conseils, même si elles passaient souvent leur temps à se taquiner et à se chamailler, sans doute parce qu’elles se connaissaient depuis la maternelle.
Le repas terminé, Sakina repue, n’eut plus assez d’énergie pour discuter.
— C’était trop bon ! Je suis rassasiée, je vais dormir, j’en peux plus.
— C’est moi qui devrais dire ça avec mes journées sans pause depuis presque un mois, toi, t’avais juste deux rendez-vous aujourd’hui.
— Aaah non ! Ajoute les transports dans tout ça quand même et puis franchement… c’était une journée émotionnellement épuisante ! rétorqua-t-elle en bâillant.
— Ah oui ? Pourquoi ?
— Aaah… ! En vrai j’ai trop envie de te raconter, mais je tiens plus du tout, j’ai trop envie de dormir, répondit-elle de nouveau en baillant.
— C’est pas grave, je dois réviser de toute façon.
— Tu peux faire ça demain, c’est le week-end.
— Non, j’ai des trucs à revoir.
— Mais comment tu fais, sérieux ? T’es un robot ? Tu dors tard, tu te lèves tôt ! Si je suis ton rythme une semaine, je me transforme en Zombie. Et toi en plus de tout ça, t’es toujours classe, toujours fraîche !
— Eh ! Arrête de me porter l’œil, fainéante, va dormir ! répondit Kanie en lui balançant des coussins. Va te reposer ! Allez !
— Tu vois ! Même quand je te fais des compliments, tu me disputes et me frappes, j’avais tout rangé en plus !
— C’est pas comme si t’étais très occupée.
— Ouais, ouais c’est ça, je m’en vais, bonne nuit, dit-elle en riant.