Il me foudroya du regard. J'étais innocente, pourtant ! Mais ses yeux bleu électrique s'enfoncèrent dans les miens, mécontents : ils vous retiraient toujours l'envie de discuter. Aujourd'hui, cependant, je soutins son regard. Je voulais qu'il m'écoute, qu'il comprenne. Je voulais faire fondre la glace qui brillait dans ses yeux. Je voulais voir le ciel remplacer la banquise.
Son regard tranchait toujours les décisions sans se soucier des conséquences. Tant que c’était utile. Tant qu’il avait raison. Ses yeux tranchaient chaque sentiment, les réduisant en poussière. Tant que ça ne l’atteignait pas. Tant qu’on ne haussait pas la voix. Et, si c’était le cas, son regard aussi tranchant que la glace vous congédiait sans procès.
Aujourd’hui n’échappa pas à la règle, mais je restai. J’avais des choses à lui dire. Je me devais de faire fondre le bleu froid de ses yeux. Je ne voyais qu’une seule solution : lui donner un peu d’humanité. Alors je me hissai sur la pointe des pieds. J’effleurai ses lèvres des miennes.
Je sentis la magie opérer : son corps se détendre, son souffle s’accélérer. Ses lèvres s’étirer en sourire. Je plongeai mes yeux dans les siens ; j’avais réussi. Le ciel avait remplacé la banquise.
-"ils vous prenaient toujours l'envie de discuter", je ne suis pas sûr de bien comprendre cette phrase. Est-ce que son regard retire l'envie de discuter ou bien est-ce qu'elle donne cette envie? Je remplacerais le verbe "prendre" par un plus clair. Je sais que tu explicites dans le paragraphe suivant mais j'ai beugué à la première lecture et je me dis que je ne suis peut-être pas le seul.
-"il n'y avait qu'une solution, lui donner un peu d'humanité". Ici je comprends ce que tu veux dire mais je ne suis pas sûr. Est-ce que vraiment il n'a pas d'humanité parce qu'il est fâché? C'est pas très clair. Peut-être y a-t-il une autre manière de dire ça qui fonctionnerait un peu mieux? Peut-être filer la métaphore de la fonte des glaces en parlant de "chaleur" plutôt que d'humanité?
-Je pinaille mais dans l'avant-dernier paragraphe, tu redis "je me devais de faire fondre le bleu fois de ses yeux". Je sais que c'est une figure d'insistance voulue mais j'ai l'impression que c'est un peu too much, trop évident. J'aurais tendance à ne reprendre la notion de fonte des glaces que dans le dernier paragraphe, comme tu l'as fait juste après. Il me semble que ça suffit pour que le lecteur comprenne le message que tu veux faire passer.
Bon voilà, après je pinaille mais 1) c'est juste un exo d'écriture et 2) globalement je trouve ça très bon. Toujours une super chouette gestion du rythme, une métaphore filée efficace, une utilisation parcimonieuse des mots avec laquelle tu fais quand même passer beaucoup d'émotions. Bien sûr, mes remarques ne sont pas des vérités absolues, je suis tout aussi amateur que toi donc confronte-les avec ce que te disent les autres pour voir si ça, a du sens :)
Tout d'abord, vraiment désolée de te répondre après tout ce temps ! (Bon, ça va, mais quand même. Aïe aïe aïe.) Mais je voulais prendre mon temps pour bien faire les choses, et j'ai été envahie de trucs à faire ':D Mais en aucun cas je ne boude parce que ton commentaire est long (au contraire, j'adore <3 ).
Ceci étant dit, je me plonge dans ton retour : très constructif ! Un immense merci pour le temps que tu as consacré à ce petit texte <3
Son regard retire toute envie de discuter. Je suis contente que tu m'en parles, justement, parce que ça me faisait beuguer aussi sans savoir vraiment "où était l'erreur". Je crois que je vais simplement remplacer "prendre" par "retirer". ça marche mieux, je crois !
Pour l'humanité, je pensais de façon plus générale... C'est un homme qui fait peu - ou pas du tout - attention à ce que ressentent les personnes qui l'entourent. Donc ça n'a rien à voir avec sa colère immédiate, mais plutôt quelque chose de plus profond... Est-ce que c'est plus clair, et ça fonctionne comme ça, ou faut-il vraiment expliciter dans le texte ? Sinon, ce qui pourrait aussi très bien fonctionner : "... lui donner un peu de chaleur. D'humanité." Comme ça les deux idées sont couplées...
Pinaille seulement, c'est chouette quand les lecteurs vont au bout des choses ;-) Mais j'aime bien cette phrase... Je vais bricoler un peu pour y ajouter de nouvelles "idées" : "Je me devais de faire fondre les icebergs de ses pupilles." Qu'en penses-tu ? Est-ce que ça enlève le côté peut-être un peu lourd de cette phrase ?
Encore mille mercis pour ton commentaire, ça fait chaud au cœur <3
À bientôt j'espère
J'aime bien ce genre de personnage, un peu taciturne.
Merci pour ton commentaire !
J'espère te revoir bientôt, ça fait tellement plaisir de recevoir des commentaires !
Et oui, ce texte est un peu... beaucoup... inspiré de ce fantastique personnage.
J'espère te revoir bientôt <3
Merci d'être passée par ici <3