L'énigme du maître-chanteur

Par Bleiz
Notes de l’auteur : Bonne lecture :)

10 Novembre : Maintenant que je sais quoi faire, il ne me reste plus qu’à tout mettre en place.

Pour construire une Quête, vous aurez besoin de :

-épreuves dangereuses (mais pas trop)

-des héros courageux (et photogéniques)

-un objectif à atteindre (aussi noble que possible)

C’est à peu près tout. Sauf que le problème, c’est qu’il n’y a pas de catastrophes nécessitant un tel projet dans mes calculs. J’ai utilisé ma formule en long, en large et en travers : rien. Et c’est là que mon génie vint à la rescousse.

Car s’il n’y a pas de menace imminente, il n’y a qu’en créer une !

Calmez-vous, lecteurs, je n’ai pas l’intention de faire exploser quoi que ce soit. Un coup d’État me demanderait trop d’efforts également, donc pas de souci de ce côté-là. Non, je vais faire ce que je fais de mieux : mentir !

Note pour plus tard : Ça a beau être vrai, c’est vraiment pas flatteur. Je vais tenter une autre formulation…

Je vais faire ce que je fais de mieux : inventer un plan selon mes intérêts et ceux d’autrui, bien qu’ils ne le sachent pas et ne le sauront jamais !

Note pour plus tard : Beaucoup mieux.

Déjà, j’ai un nombre défini de membres du groupe : j’en veux cinq. Je vais utiliser les catégories qu’on voit dans le jeu de mon frère. Pas officiellement, bien sûr ! Mais ce sera plus simple pour moi de répartir les rôles et d’avoir une équipe au potentiel équilibré. Nous aurons donc un Mage, un Assassin, un Barde, un Voleur et enfin un Chevalier. Rapidement, j’imagine leur stéréotype. 

Tout d’abord, prenons le Chevalier. Garçon ou fille, peu importe, mais le Chevalier devra être beau, avec une âme de leader, ayant soif de justice ! Il devra attirer une sympathie immédiate et générale. Je préfèrerais que le chef de groupe soit sportif, comme certaines des épreuves que je leur prépare risquent de... les secouer un petit peu. 

Passons au Mage ! Une fois encore, je vais taper dans le cliché, mais qui s’en soucie ? Pas moi. Je verrais bien quelqu’un de plus âgé, qui servirait de mentor aux autres. Le Mage doit inspirer le respect et respirer la sagesse. Des capacités extraordinaires -moins que les miennes, toutefois- seraient un plus. Je me passerai du traditionnel chapeau pointu et de la barbe blanche. 

Le Barde ! Alors là, c’est un tableau que j’ai devant les yeux. Une personnalité calme, douce, qui rassérène les autres membres de l’équipe. Un musicien, peut-être ? Je me sens mal de discriminer les gens laids, mais franchement, mon Barde devra être charmant. Je ne demande ni force physique ni capacité intellectuelle, alors le physique doit être au rendez-vous ! Son rôle sera de donner au monde une image positive, charmer les foules et maintenir une bonne ambiance dans l’équipe. Me tenir au courant de l’évolution de la quête à travers des rapports, aussi ? Mmm, je note cette idée.

Pour le Voleur, ça se corse. Je ne compte pas incruster une des missions dans de l’illégal. Cependant, je me connais. Avec moi, les choses ont tendance à déraper. Je vais alors avoir besoin de quelqu’un d’habile de ses doigts, de roublard, qui s’habille en noir et qui inspire la méfiance... Ouh ! Qui s’y connaît en informatique ! Dans les films d’espionnage, on retrouve toujours ce personnage caché dans sa cave, les doigts pianotant à toute allure un clavier d’ordinateur, des colonnes de chiffres verts et lumineux défilant dans le reflet de ses lunettes. Oui, ça me paraît pas mal. Quant à l’Assassin... je ne suis pas sûre. Je ne veux tuer personne ! Non, non, définitivement. Le titre d’Assassin ne me servira qu’à donner une impression, une « vibe » au public. Donc une personne attirante OU avec des traits intrigants. Un punk ou un émo ? Des chaînes et des clous comme Charlotte, un regard amical qui vous donne l’impression d’être la cible d’un tueur à gages... Qu’est-ce que je vais pouvoir lui donner comme boulot ? Je sais ! Le pendant obscur du Chevalier. Quelqu’un de robuste et d’agile, mais qui ne parle pas trop. Une rivalité qui exciterait l’attention des foules ? Plus j’y pense, plus je me dis qu’un contact plus ou moins proche avec le monde de l’ombre rajouterait du cachet au personnage.

Une nouvelle difficulté vient de me traverser l’esprit : où les dénicher, ces héros ? Hélas, ces derniers sont difficiles à trouver dans le commerce de nos jours. Il va donc falloir que j’aille chasser du combattant. Mais avant tout, il me faut une Quête solide. Oh, et je veux que tout le monde soit au courant, que ce soit télévisé ! Donc j’ai besoin que ça soit crédible…

Il ne me reste plus qu’à préparer une prophétie pour soutenir le tout.

12 Novembre : L’équilibre des puissances internes vient de basculer. J’ai attrapé François la main dans le sac. Il semblerait que, contrairement aux dires de mon père, M. Vercran ait tenu parole. Ça explique pourquoi mon frère marchait sur la pointe des pieds dans le couloirs avec un énorme colis dans les bras. Il a officiellement une dette envers moi. Je suis tentée d’accrocher cette épée de Damoclès à mon mur… comme un contrat signé et encadré… Mais ça rendrait l’affaire beaucoup moins discrète. Je n’ai donc que sa parole comme garantie, mais je le connais : il a trop peur que Papa apprenne qu’il a pactisé avec l’ennemi pour me trahir.

Lecteurs, il est dix heures, le facteur vient de passer. Il s’est passé quelque chose de terrible. Je ne sais pas quoi faire. J’ai l’estomac à l’envers. J’étais si prudente. Qui a pu découvrir la vérité ? Comment ? J’avais pris toutes les précautions possibles et imaginables !

Note pour plus tard : Corriger cette partie, trop chaotique... OH BON SANG QUE VAIS-JE FAIRE !

Cachée au milieu du courrier des lecteurs, la lettre fatale, voilà où elle était ! Si j’avais su ce qu’elle contenait, je ne l’aurais jamais ramassée. Non, c’est faux : avec l’ultimatum qu’on me pose, je n’ai pas d’autre choix. Je sais que je manque de clarté, lecteurs. Faites-vous un avis sur la question en lisant ceci :

 

« Pythie à la couronne tressée de fictions,

Ton secret n’est plus. Je suis le seul au courant.

Viens à ma rencontre si tu souhaites que l’illusion

Demeure. Père Lachaise, 17 heures, jour du couchant. »

 

J’ai un poète-corbeau sur les bras à présent. Mais bon de sang de bois, qu’ai-je fait pour mériter ça ? Des rimes en plus, c’est complètement ridicule. Je suis coincée, c’est un fait. Ce sombre individu qui n’a pas daigné écrire son nom en bas de la lettre m’a donné rendez-vous et il est hors de question que je le manque. J’ai trop à perdre... et aussi bête que ça ait l’air, je viens à peine de m’en rendre compte. 

13 Novembre : Mes yeux brûlent de s’être cramé la rétine à la lumière vacillante de ma lampe de chevet. Ce ne sont plus des valises qui s’étirent sur mon visage, c’est une maroquinerie ! Je vais avoir besoin d’un valet pour porter la moitié de ma face si ça continue. 

J’enrage ! Ma nuit a été complètement gaspillée à comprendre cette maudite charade que l’autre imbécile m’a envoyé. L’adresse et l’heure sont claires, c’est déjà cela de pris. Mais le jour ? Quel genre d’embouché écrit « le jour du couchant » pour désigner une date ? C’est un psychopathe qui m’a envoyé ce message, j’en suis sûre et certaine. Est-ce vraiment une bonne idée d’y aller ? Seule ? Après tout, rien n’est précisé dans ce message... Cela dit, compliqué de fignoler quand on écrit en alexandrins. Urgh. Quoi qu’il en soit, je ne peux en faire part à mes parents. Ce serait confirmer leurs craintes... et, pire que tout, avouer que j’avais sous-estimé les risques. Plutôt mourir ! Ce n’est qu’un bout de papier, une poignée de mots jetée dans le vent au hasard. Il est même probable que l’expéditeur du message ne sache rien. Cependant, dans le doute... 

 

C’est décidé.  J’irai. Une rencontre, rapide, et si l’inconnu ne sait rien, je leur ferai une petite prédiction de manière à satisfaire leur curiosité. S’ils savent... ma foi, advienne que pourra.

Si seulement je comprenais ce que cet âne a voulu dire par « jour du couchant » !

14 Novembre : Charlotte se doute de quelque chose. Je prends trop de temps à répondre à ses messages, apparemment. Bien que je doute que cela soit vrai, je ne peux pas nier que mon attitude a légèrement changé. 

Depuis que j’ai reçu cette maudite lettre, je dors mal et peu, mon esprit ressassant sans cesse l’énigme. Je suis plus irritable et mon étrange humeur m’a attiré les foudres de ma démone de mère. Soi-disant que jeter une tartine à la figure de son frère est « inacceptable ». Elle n’avait pas vu la façon dont il m’avait regardé ! 

Elle a bien essayé de me tirer les vers du nez. Elle voulait que j’avoue que ma carrière de voyante à plein temps me pesait -il faut dire qu’elle est aussi subtile que moi. Au moins sur ce point, je n’ai pas eu à lui mentir : ce n’est pas là le problème. 

Pire que tout, j’angoisse que la date soit déjà passée. Maudit jour du couchant ! J’ai épluché la bibliothèque de mon père sans succès. Entre « L’ingénierie pour les nuls » et « Déchets nucléaires : qu’en faire ? », j’ai certes trouvé quelques livres d’histoire et de géographie. Naïvement, je pensais que me renseigner sur le Moyen-Orient et le Japon m’aiderait. Sauf que le Japon est le pays du soleil levant, pas couchant, et que le Moyen-Orient, c’est vaste comme zone de recherche. Donc autant vous dire que mes recherches ont connu un échec cuisant. 

Qu’arriverait-il si j’avais vraiment manqué le rendez-vous ? Était-ce déjà trop tard ? Peut-être que sans le savoir les journaux préparent déjà des piles et des piles d’exemplaires avec ce gros titre : « La Pythie des temps modernes : le canular du siècle ! » Je n’ose pas imaginer le travail que j’aurais à accomplir pour faire taire ces rumeurs. Rumeurs qui seraient vraies ! Mon Dieu, quel casse-tête. Faites que je trouve la solution rapidement !

15 Novembre : Le stress va finir par avoir ma peau, je suis à bout de nerfs. J’ai rongé mon crayon de bois durant tout le cours de Froitaut. Et là, pire que tout ! Il m’a reproché d’être inattentive ! J’ai cru mourir de honte. Je n’ai plus le choix : je vais demander un coup de pouce à mon frère. Souhaitez-moi bonne chance.

Cela s’est mieux passé que je ne le craignais, mais pas aussi bien que je l’espérais. M’enfin, on parle de François. J’ai toqué à la porte de sa chambre d’une manière des plus civiles avant d’entrer. Le grossier personnage m’a aussitôt rabroué :

—Je t’ai pas dit que tu pouvais venir !

—Je n’allais pas rester devant le pas de la porte pendant des heures !

—C’est dommage. 

J’ai sans doute levé les yeux à ce moment mais très discrètement. Après tout, je venais demander son aide...

—J’ai besoin que tu me rendes un service.

—Pourquoi moi ?

—Parce que je pensais que tu serais le mieux adapté pour remplir cette tâche, expliquai-je.

—Donc tu veux tenir les vieux à l’écart. Intéressant. 

Je laissai mon sourire s’effacer et me jetai sur son lit en soupirant. Qu’il était agaçant ! Je précise qu’il jouait toujours, d’ailleurs. Il continuait à faire tourner et virevolter sa manette, sans me jeter un regard. Mais je ne fis aucun commentaire désobligeant. C’est vous dire à quelles extrémités j’étais réduite !

—Si je te dis de venir me voir le « jour du couchant », tu me dis quoi ?

—Qu’on habite dans la même maison et que si tu veux me voir, tu peux te bouger ?

—Hypothétiquement. 

Il fit un petit bruit songeur. 

—C’est une énigme ?

—Quelque chose comme ça, oui.

—J’ai droit à un indice ?

—Non. Enfin si : le rendez-vous est à 17 heures, plus précisément le jour du couchant. Sauf que je ne sais pas à quel jour correspond ce « jour du couchant ». 

François frappa un coup final sur sa console avant de se tourner vers moi :

—Dans quel genre d’embrouille... ?

—T’occupes, le coupai-je sur-le-champ. Tu as une idée, oui ou non ?

Il dégagea sa tête de son casque audio et plaça sa chaise tournante en face de moi. Il fixa mes chaussettes pendant quelques minutes avant de s’exclamer :

—Je sais. Le rendez-vous est à 17 heures, donc le « jour du couchant » signifie le jour où le soleil se couche à 17 heures ! C’est logique, non ? 

—Oui, je suppose... dis-je, un peu surprise.

La réponse de François était sensée. Cela dit, n’était-ce pas trop simple ? Je me cassais la tête depuis des jours à comprendre le sens caché du message anonyme, et la réponse serait ça ? Je dois avouer que ça me faisait un peu mal.

—Hey, Ingrid… commença tout à coup mon frère, tripotant son casque du bout des doigts.

—Mmm ? fis-je, toujours plongée dans mes pensées.

Il sembla chercher ses mots avant de finalement hocher la tête accompagné d’un « rien ».

Je quittai sa chambre sans chercher à savoir ce qu’il avait voulu dire. Sa solution à mon énigme avait mis en branle les rouages de mon cerveau. Je ne revenais toujours pas de la solution de mon frère. Quoi, ça, la réponse au problème qui me hante depuis des jours ? Quelle blague. 

Oh mon dieu, qui me hante depuis des jours ! Quand le soleil se couche-t-il à 17 heures ?!

Une recherche informatique plus tard et je peux maintenant vous donner la réponse : le 21 Novembre. La bonne nouvelle est que je n’ai pas manqué le rendez-vous, la mauvaise... c’est que maintenant, je n’ai plus d’autre choix que d’y aller.

18 Novembre : Après des jours et des jours à bûcher comme un âne battu pour le dernier contrat de Charlotte, j’en ai enfin fini. Si ça vous intéresse de savoir l’objet de mes prédictions, j’ai dû prévoir les futurs gros titres pour un magazine people. Je ne sais pas s’il y a suffisamment d’argent dans le monde qui vaut la peine d’étudier ce genre de chose. 

J’ai signé des autographes en allant récupérer mon chèque au siège du magazine. Un boulot vite fait, bien fait, plus jamais. Je ne comprends toujours pas l’attrait du public pour un contenu semblable. Toutefois ils étaient très attentifs à ma personne quand je suis venue : un bon point pour eux. Charlotte était là, exceptionnellement, aussi plaisante et souriante qu’à l’ordinaire.

Note pour plus tard : Mes lecteurs sont sans doute des gens fort sages, puisqu’ils lisent ce journal, mais mon sarcasme leur passe peut-être au-dessus de la tête. À enlever.

Pour revenir au sujet, le rendez-vous s’est bien passé, Charlotte et moi avons été payées et à présent la presse est à mes pieds. Littéralement, un ou deux journalistes ont tourné de l’œil en me voyant. Certes, mes joues étaient douloureuses d’avoir tant souri de manière si fixe mais mon image publique vaut bien ce petit sacrifice. Dur dur d’être aussi célèbre et adorée... Je planais sur mon petit nuage jusqu’à ce que le coude pointu de mon agent vienne se planter dans mes côtes, brisant par la même occasion ma rêverie.

—Au lieu de bailler aux corneilles, dis-moi plutôt si quelques jours de repos ne te plairaient pas. 

Lecteurs, quel déchirement ! Moi qui ne rêve que d’un bain moussant et d’une sieste de plusieurs jours pelotonnée dans un plaid à paillettes ! Hélas, je devais absolument garder Charlotte occupée jusqu’à ce que je découvre l’individu qui me menaçait. Je déglutis avec difficulté :

—Merci de ta proposition, Marchand, mais ça ira. Je me sens d’attaque pour un autre contrat... une pause après serait parfait en revanche ! Elle hocha la tête en signe d’assentiment. Je pensais soudain à quelque chose :  Et toi ? Vu la quantité de demandes que tu dois recevoir, tu ne dois pas chômer non plus. Tu n’as pas envie de vacances ?

—Bof. Avant, j’observais les méthodes de travail de mon père, je réfléchissais à comment j’allais faire pour lui succéder... ça me fait un break, ce business. Et puis, les vacances de Noël arrivent et je n’ai pas à me plaindre de mon salaire.

—Aouch, Marchand, ça me blesse. Pas un mot sur la joie et l’honneur que représente à tes yeux l’opportunité de travailler avec moi ? 

—Joie et honneur, je sais pas, mais fatigue et horreurs... 

Je répliquai par une légère tape sur l’épaule. Je n’allais pas me risquer à plus ; cette fille n’aurait pas hésité à me casser le bras en guise de plaisanterie. Combien de jours avant le 21 novembre ? 

20 Novembre : Demain !! 

21 Novembre : Le jour fatidique. J’ai l’impression que ma vie vacille constamment entre périodes d’attente et jours J, depuis le début de cette aventure. Mais ce n’est peut-être qu’une impression, qui sait. Il est midi, je viens de quitter M. Froitaut. Le cours ne s’est pas trop mal passé. Je ne parle pas de la difficulté du travail, ce n’est pas un obstacle de quelque manière pour moi. Non, je parle des liens sociaux, parler, tout ça... S’il a remarqué mon état d’excitation, il n’a rien dit. Pourtant, cela devait être difficile à manquer : mon crayon tournoyait comme une toupie autour de mon doigt et ma jambe vrillait comme un marteau-piqueur contre le pied de ma table. Pourtant, malgré son silence, je crois qu’il se fait du souci pour moi. Il n’a pas l’habitude d’avoir des élèves à qui la gloire s’abandonne aussi entièrement. Pauvre M. Froitaut ! Je m’en veux de l’inquiéter, mais je ne souhaite pas lui mentir. Ce n’est que le tout début de carrière après tout. Il va falloir qu’il s’y fasse !

Dans cinq heures, je serai devant les grilles du cimetière du Père Lachaise. 

Oh mon Dieu, j’avais oublié que c’était un cimetière ! Cette fois c’est sûr, je vais me faire assassiner. En plus, vu que le message était en rimes, il y a des chances que ce soit un gothique qui va vouloir me vider de mon sang au-dessus d’une tombe en guise de sacrifice à la Lune ou quelque chose du style, avec des cornes de bouc et des vêtements victoriens. Je suis complètement foutue. 

Oui, mais je serais encore plus foutue si je ne stoppais pas son projet de révéler la vérité ! Donc j’irai, et seule de préférence ! Je suis petite et rapide, je parviendrai peut-être à l’assommer avec son calice en argent avant de m’enfuir.... et là je révèle qu’il a tenté de me kidnapper, et de ce fait discrédite toute tentative d’avouer quoi que ce soit. Bon sang, parfois il m’arrive d’oublier que je suis un génie. Heureusement que dans des moments pareils, je reviens à la raison.

Plus que deux heures avant le rendez-vous, je partirai dans une heure et demie, juste au cas où je rencontrerais un accident durant mon trajet. Ça va bien se passer. Et si ça se passe mal, les vidéos d’auto-défense que je viens de regarder sur internet me seront utiles. 

OK, ce sont les derniers mots que j’écris dans ce journal de bord avant de m’en aller, ce sont aussi potentiellement mes derniers mots- tout court. Si c’est le cas, lecteurs, gardez le secret ! Laissez-moi partir en beauté, couverte de gloire ! Un cri à ma mère pour la prévenir que je sors, me saisir du double des clefs et courir jusqu’à la station de métro la plus proche avant que le démon maternel ne me rattrape. Je reviendrai !

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The Pighead
Posté le 17/09/2023
Bon, on va dire que ce commentaire va être mon checkpoint pour ce moment.

Et honnêtement, j'ai vraiment beaucoup aimé ce que j'ai lu jusque-là. Cette histoire arrive à faire le jeu du funambule émotionnel, à savoir qu'à certains moments, Ingrid me fait sourire parce que c'est clair qu'elle n'habite pas sur le même plan de la réalité que les autres (Charlotte non plus, d'ailleurs, j'ai l'impression) et à d'autres, j'ai peur pour elle parce que... ouais, niveau santé mentale, une situation comme la sienne, c'est destructeur !

Mais en général, j'avoue avoir été facilement happée par l'histoire ! Et maintenant, je me demande juste ce qui va arriver dans le reste des chapitres. J'espère juste que ça ne va pas prendre un tournant trop horrible pour elle. Elle n'est peut-être pas la plus sympa mais c'est qu'une gamine.
Bleiz
Posté le 19/09/2023
Salut Pighead !
Ravie que l'histoire te plaise jusqu'à ce point. Ne t'inquiète pas trop pour Ingrid, non seulement elle a la couenne dure, mais en plus l'histoire reste légère car je veux qu'elle puisse être lue à tous les âges ;) Cela dit, elle va devoir faire face à certaines situations peu plaisantes (rencontrer les conséquences de ses actions, tout ça tout ça).

J'espère que la suite te plaira !
Elly
Posté le 29/08/2023
Bonjour !

Ohlala ! Les choses se corsent pour Ingrid ! Forcements, mentir aussi effrontément finirait par lui attirer des ennuis. Je me demande qui est ce mystérieux maître chanteur. La seule personne qui connaîtrait son secret serait charlotte, mais je la vois mal faire ce genre de coup juste pour prouver qu’elle avait découvert la vérité. J’espère que tout se passera bien pour elle !
Sinon, la réaction de son frère m’intrigue. Il cache quelque chose, ça doit être important. Et je ne sais pas quelle quête Ingrid prépare avec ses différents membres, mais créer des épreuves de toutes pièces, moi ça me dit rien qui vaille pour la suite xD je pense qu’elle va se mettre dans un sacré pétrin !
Pour l’instant, découvrons qui se cache derrière ce maître chanteur !
Bleiz
Posté le 16/09/2023
Tout ne peut pas se passer comme elle le veut, ce ne serait pas drôle x) Même les devineresses ont besoin d'imprévu dans leurs vies !
La famille d'Ingrid en général apparaît très suspecte aux lecteurs... à tort ou à raison...
blairelle
Posté le 25/08/2023
À ce stade de l'histoire, je commence à penser qu'il y a des incohérences juridiques. Ingrid est mineure, il y a des lois sur le travail des mineurs. Et certes, son travail est supposé être d'origine surnaturelle, mais cela m'étonne qu'il n'y ait aucun contrôle des services sociaux. Surtout au vu de son état, de sa fatigue manifeste.
Concernant l'écriture, rien à redire, j'essaie de me limiter et de garder quelques chapitres pour plus tard, en vain.
L'expéditeur mystérieux de la lettre, je pense que c'est soit M. Froitaut qui essaie de jouer sur la corde de la célébrité puisqu'il ne peut pas en appeler à la raison, soit quelqu'un qui bluffe. À moins que Charles le fabricant d'ordinateurs n'ait décidé de se venger de son refus de travailler pour lui ?
Bleiz
Posté le 25/08/2023
Je vais être honnête, je n'ai jamais réfléchi aux conséquences juridiques des activités de voyante d'Ingrid. Maintenant que tu le dis, je devrais peut-être ajouter un petit paragraphe pour justifier sa relative tranquillité en la matière...
Contente que tu te laisses emporter par l'histoire ! Surtout ne te retiens pas x)
Alors Charles c'est le nom du père d'Ingrid, le fabricant d'ordinateurs c'est Claude. Je vérifierai si je n'ai pas switché leurs noms dans les chapitres précédents
blairelle
Posté le 26/08/2023
Ah mince, Claude (j'ai du mal avec les prénoms, surtout s'ils commencent par la même lettre)
Ava
Posté le 17/08/2023
Coucou, comme toujours j'ai beaucoup apprécié le déroulement de ce chapitre. Je suis vraiment prise dans ton histoire!
Par contre je dois dire que niveau écriture il semble rester quelques coquilles ou des phrases peut être un peu maladroites.
Premièrement dans la description du chevalier le premier est qu'il soit beau, puis on décrit des caratéristiques mentales puis une nouvelle précision sur sa beauté. S'il s'agit d'un changement de sujets pour revenir sur sa beauté physique pour en préciser l'importance selon la narratrice il manque selon moi un mot pour appuyer cette nécessité. Sinon je mettrais le mot "beau" à la fin de la première phrase pour ensuite décrire le physique attendu.
Ensuite il y a la répétition du mot héros dans le dernier paragraphe du 10 novembre qui me paraît un peu lourde.
Pour finir le passage du premier paragraphe au deuxième du 12 novembre ne paraît pas clair. J'ai eu du mal à comprendre qu'elle parlait d'un nouveau sujet, le paragraphe précédent ne me paraissait pas fini. Peut-être rajouter une phrase pour montrer qu'Ingrid passe à autre chose à la fin de celui-ci?

J'espère que ces conseils feront sens, le reste de ta plume m'a plu, comme toujours. J'ai hâte de savoir qui est le mystérieux émetteur du message en alexandrin et de voir ce qu'il succédera à cette rencontre. Comme toujours j'ai hâte de lire la suite!
Bleiz
Posté le 17/08/2023
Salut Ava,

Merci pour tes remarques qui ont du sens ! x) J'ai corrigé les répétitions et rajouté une phrase au 12 Novembre. Je transporte mon texte de l'ancienne version à la nouvelle et parfois, je lis en biais, d'où les ajouts superflus !

Encore merci de ta présence sur cette histoire, et à bientôt :)
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