Chapitre 2 - Fragment de rêve

« Si vous voulez bien me suivre, Seigneur. Nous vous attendions. »

Il n’avait encore jamais été désigné de la sorte, et ce n’était pas pour l’en déplaire. Il hocha la tête, et d’un pas assuré, il suivit la servante au kimono argenté et pénétra dans l’enceinte du temple. Elle le conduisit jusqu’à une salle sans fenêtres, éclairée à la seule lumière tamisée des bougies. La pièce était richement décorée de paravents couverts de peintures épurées à l’encre noire et aux cadres incrustés de nacre. Onze hommes étaient assis en seiza derrière des tables individuelles disposées en deux lignes parallèles au centre de la pièce. Autant de paires d’yeux se posèrent sur le retardataire. Ces hommes étaient des prétendants de la fille unique de la Haute-Prêtresse du Temple de Sïne. Ils avaient été sélectionnés parmi les célibataires les plus illustres du royaume de Meigetsu et des autres contrées. La fille de Sanae Hashimoto ne saurait échapper à un mariage arrangé. D’ici trois mois, ses noces seront célébrées. Elle aura quinze ans alors.

Il était le seul à avoir des origines modestes, bien que tous l’ignoraient. Son père n’avait pas même eu un nom de famille à lui léguer. Ses amis l’appelaient simplement Ottar.

Ottar n’avait dit mot depuis son arrivée au Temple de Sïne. Il était formellement interdit pour les visiteurs du temple de Sïne de parler, ce qui, dans cette situation, jouait particulièrement en sa faveur. Il avait grandi dans les ruelles de Sialk, la capitale de Mezdha, et de ce fait, avant même d’avoir appris à lire et à écrire, Ottar baragouinait chacune des langues les plus communes des six royaumes. Mezdha, situé au cœur de la mer de Pasiphe, était au centre du monde, tant d’un point de vue géographique que géopolitique, commerciale ou même militaire. La mer de Pasiphe était encerclée au nord par le Royaume d’Erret, et au sud par celui de Kalahari. Les ports et la capitale de l’île-royaume étaient si cosmopolites que l’on avait coutume de dire que le mezdhien parlé était devenu un patchwork de langages. Ottar parlait même couramment le vinterspeile, mais il n’était pas suffisamment doué pour masquer son accent et se faire réellement passer pour un habitant du royaume du Nord. Pour être arrivé si loin au cœur du Temple de Sïne, Ottar avait usurpé l’identité de Thor Vakk, un richissime négociant de fourrures de Vinterspeil et cousin éloigné de la reine Astrid. Avec l’aide de ses compagnons, la tache n’avait pas été très difficile. Il avait suffi à Mammitu d’intercepter le message envoyé au temple qui prévenait que le seigneur de Vinterspeil avait attrapé la tuberculose et qu’il ne pouvait répondre à l’invitation des prêtresses de Meigestu. Son autre ami, Enkiku, avait reproduit le sceau des Vakk dans un métal doré similaire à de l’or, qu’Ottar portait sur sa poitrine. Les prêtresses l’avaient inspecté d’un rapide coup d’œil. Ottar était presque déçu de la facilité avec laquelle il pénétra dans le Temple de Sïne. Ce sanctuaire isolé au plus profond des montagnes Yuuki était censé être l’un des lieux le plus secret et impénétrable du royaume de Meigetsu.

Ottar s’assit derrière la petite table de bois qui lui était destinée. Un mot, écrit en vinterspeile, y était déposé. Il déchiffra les consignes pour les prochains jours. Chaque prétendant rencontrerait la fille de Sanae Hashimoto ce jour-là, lors d’un premier entretien d’une demi-heure. À ces seules occasions, ils auront l’autorisation de briser leur mutisme. Des suivantes viendront les chercher tour à tour, selon leur ordre d’arrivée. D’autres rencontres seront organisées si nécessaire. Koré Hashimoto désignera son fiancé d’ici deux semaines. Ottar haussa un sourcil à la lecture du message. Le processus était rapide, même expéditif. Les prêtresses semblaient vouloir boucler cette affaire au plus vite.

Une suivante fit coulisser un pan de mur de toile au fond de la salle, et fit signe au premier prétendant de la suivre sans briser le silence révérencieux. Ottar le reconnut aux grenouilles brodées d’or qui parsemaient son kimono noir. Noboyuki Sasagawa quitta la salle d’un pas mesuré. L’identité des douze prétendants était censée être tenue secrète par les prêtresses. Ottar ne pouvait que remercier ses fidèles compagnons d’avoir enquêté sur ses rivaux. Enkiku et Mammitu avaient fait un travail exceptionnel pour le préparer au mieux à son entretien avec la fille de la Haute-Prêtresse. Ses amis d’enfance et une poignée de connaissances avaient choisi de lui faire confiance et de le suivre dans sa quête folle. Tout avait débuté cinq mois plus tôt, lorsque le roi Urad Akhylis avait subitement succombé à la variole, et que, pour la première fois depuis plus de six siècles, le trône de Mezdha était froid et vacant. Les compagnons de Vahid Akhylis, le frère de l’ancien roi qui était mort lors d’un naufrage quatorze ans plus tôt, soutenaient que la lignée des Akhylis n’était pas éteinte. Vahid aurait eu un enfant, une fille, lors de ces voyages dans les contrées d’Extrême-Orient. Ils étaient nombreux à s’être lancé à la recherche de la mystérieuse héritière. Plusieurs rumeurs couraient, et Ottar avait décidé de tenter sa chance sur la piste de la fille de la Haute-Prêtresse du temple de Sïne. Selon quelques rares témoignages de visiteurs du temple, une enfant aux yeux dorés, trop jeune pour être une prêtresse de Sïne, arpentait les couloirs du sanctuaire reculé. Ottar n’avait aucune assurance que la fille de Sanae Hashimoto était la personne qu’il cherchait, mais il était presque certain de ne pas avoir d’autres concurrents mezdhiens sur son chemin. Il avait choisi l’option la plus probable et surtout, la plus éloignée géographiquement de Mezdha dans ce but. Ses rivaux avaient tous répondu à l’appel des prêtresses du temple pour une raison plus simple. La dot de la fille de Sanae Hashimoto était sans précédent. Les offrandes offertes au temple de Sïne ont été quintuplées ces dernières années du seul fait de la réputation de l’infaillibilité des prédictions de la Haute-Prêtresse, et Sanae a promis une dot impressionnante pour sa fille unique. Ottar n’allait certainement pas cracher sur cet argent, mais ce n’était que secondaire par rapport à la promesse faite à ses compagnons.

La suivante referma la cloison par laquelle s’était engouffré le seigneur d’Ao Yama. Si la jeune fille de la Haute-Prêtresse prenait la décision finale quant au choix de son mari, comme semblait l’indiquer la note laissée à son attention, Ottar n’avait rien à craindre. Noboyuki Sasagawa était âgé de 46 ans et était veuf de sa deuxième femme. Sa première (voire seule) qualité était qu’il était le troisième homme le plus riche de Meigetsu. Son embonpoint proéminent en constituait une preuve plus irréfutable encore que les grenouilles d’or brodées sur son kimono noir. Ottar n’avait que quatre ans de différence avec la future fiancée. Il avait ses chances. Du moins, autant que les deux autres jeunes hommes de la pièce. Des descriptions qu’ils avaient recueillies, il reconnut Clément Sauffroy, 5e prince de la toute jeune nouvelle dynastie du royaume d’Erret et Natsu Ishida, influant seigneur de la région de Kappa au nord de Meigetsu. Outre leur titre et leurs richesses, les deux prétendants avaient la vingtaine et étaient objectivement beaux garçons, bien plus qu’Ottar. Cela importait peu cependant. Si la fille Hashimoto était réellement la fille illégitime de Vahid Akhylis, personne ne l’empêcherait de la convaincre de l’épouser. Ottar ne souhaitait pas seulement ramener l’héritière à sa juste place à Mezdha. Il allait devenir roi. 

Six servantes habillées de kimonos pâles entrèrent dans la pièce, les bras chargés de plateaux, et firent sortir Ottar de ses réflexions. Elles déposèrent sur leurs tables individuelles des serviettes parfumées, du saké et des assiettes chaudes. Des couvercles se soulevèrent et l’odeur de brochettes de porc caramélisé se joint au parfum des bougies. Ottar sourit jusqu’aux oreilles. Il ne mangeait que du riz à l’eau depuis trois semaines. Sous les regards scandalisés des seigneurs invités, il décroisa les jambes et s’assit confortablement en tailleur. Le seiza était difficile à tenir et il n’avait besoin de convaincre personne en dehors de la jeune Hashimoto. Il prit un malin plaisir à voir ses comparses essayer de rester de marbre malgré la douleur tout en engloutissant l’équivalent de trois repas.

Le temps passait avec une lenteur exaspérante. La journée n’était rythmée que par les apparitions et disparitions de ces rivaux derrière la porte en toile. Sous de faux airs insouciants, Ottar observait scrupuleusement les prétendants qui partaient puis revenaient dans le salon. Vraiment, il n’y avait rien d’autre à faire. Tous se gardaient d’évoquer le fameux entretien. Toutefois, si la plupart avaient l’air d’être impassibles après leur rencontre avec leur possible promise, certains ne parvenaient pas à dissimuler un air curieusement perplexe. Lorsque, finalement, son tour finit par arriver, Ottar n’avait aucun moyen de savoir quelle heure il était. Il suivit une énième servante au kimono argenté d’un pas électrisé. Il traversa plusieurs autres pièces, toutes épurées ou seulement décorées d’estampes qui représentaient avec une fausse simplicité les montagnes environnantes. Il apercevait plusieurs vases ou meubles marqués de la lune et du hérisson. Les symboles de Sïne, le légendaire Fondateur de Meigetsu. La suivante finit par le conduire à un jardin intérieur. La nuit était tombée depuis un moment visiblement. Un pin imposant triomphait au centre du jardin. De l’autre côté, sur la terrasse de bois, Ottar aperçut celle qui deviendrait sa femme. Koré Hashimoto était agenouillée sur un zabuton et elle n’avait pas encore réagi à son arrivée. La suivante s’inclina devant lui et s’assit en seiza près de la porte qu’ils venaient de franchir. La prochaine étape était claire.

Ottar s’approcha de la jeune fille d’un pas mesuré. Celle-ci maintenait une position à demi inclinée, le visage baissé vers le sol. Sa tête dépassait difficilement d’une de kimonos superposés aux tons pastel. Il se dit brièvement qu’elle devait étouffer sous ces couches de vêtements. Elle était seule. Il vérifia que la suivante qui l’avait accompagné au jardin n’avait pas changé de position. À cette distance, elle ne pourrait écouter l’échange, mais il était certain qu’au moindre mouvement sortant de l’ordinaire, elle appellerait les gardes. Ottar s’assit face à la fille de la Haute-Prêtresse de Sïne. Une table et moins de deux mètres le séparaient de son avenir. Il ne s’était jamais senti aussi tendu et alerte. Ottar prit la parole en meigetsien :

« Bonsoir. »

Koré releva alors la tête. Deux grands yeux dorés le scrutèrent sans aucun signe d’appréhension. Les mêmes yeux qu’Urad. Ottar frémit, une douleur aiguë lui transperça la poitrine. Il essaya de rester immobile, de dissimuler son écœurement et sa panique soudaine. L’intensité de sa réaction le prit par surprise. Il n’avait aucun doute à présent. Il faisait face à l’héritière des Akhylis, la fille de Vahid, la nièce d’Urad. C’était une bonne chose. Une excellente nouvelle. Ces derniers mois passés à traverser le monde en bateau, accompagnés d’une dizaine d’autres idéalistes, faisaient enfin sens. Elle ressemblait tant à Urad que personne n’oserait remettre en doute l’identité de l’héritière à son retour à Sialk, la capitale mezdhienne. Ottar fut pris d’un tremblement incontrôlé et son genou tapa dans le pied de la table basse. Il reversa les deux tasses remplies de thé qui avait été servi avant son arrivée. Il jura en mezdhien, tandis que la jeune fille se précipita pour rattraper la tasse dont le contenu s’était déjà versé sur le pantalon d’Ottar. La suivante arriva rapidement à leur table, sans montrer aucun signe de précipitation, le visage dénué de toute émotion. La table fut essuyée et le thé resservi en moins d’une minute. La manche droite du kimono de Koré Hashimoto était mouillée et elle avait remonté de quelques centimètres sur son avant-bras. La jeune promise s’en aperçut et elle rabattit brusquement le tissu jusqu’à ses doigts, mais elle ne fut pas assez rapide. Ottar reconnut des marques rouges et légèrement bleutées. Elles ne semblaient pas très grandes, mais récentes, et au vu de leur disposition, ce n’était pas le type de blessures que l’on se faisait en se cognant contre un meuble. À moins de s’y être pris à répétition en peu de temps. Ottar se servit de cette parenthèse pour reprendre ses esprits. Il ne pouvait pas se permettre d’échouer. Il avait un objectif et des personnes qui comptaient sur lui.

 « Choisissez-moi. Je vous fais le serment qu’à mes côtés, personne ne lèvera la main sur vous. »

La jeune fille resta silencieuse. Ottar se força à la regarder dans les yeux sans penser à sa nausée latente. Ce n’était ni le lieu ni l’endroit pour se souvenir d’Urad.

« Je vous protégerai. »

Koré Hashimoto continua à la dévisager pendant d’interminables secondes sans rien laisser paraître de ses émotions. Le plâtre blanc avec lequel on avait recouvert son visage lui donnait un air inhumain de poupée en porcelaine. Ottar sentit une goutte de sueur froide dégringoler de son dos.

« Vous n’êtes pas de Vinterspeile. Qui êtes-vous ? »

Son subterfuge n’avait pas fait long feu. Cela ne faisait rien, Thor Vakk avait joué son rôle.

« Mon nom est Ottar Déïmos. J’ai grandi à Sialk. »

Il s’était inventé ce nom de famille une semaine plus tôt. Qu’importe, après son mariage, il prendra le nom des Akhylis. Il accueillera ce nouveau nom telle une vengeance accomplie.

« Le Seigneur Vakk vous a envoyé à sa place ?

— Pas exactement. La place était devenue vacante, je ne suis ici que pour servir mes intérêts.

— Vous avez parcouru des milliers de kilomètres pour demander ma main ? Combien de temps avez-vous mis pour venir jusqu’ici par ailleurs ? Nous avons peu de visiteurs mezdhiens.

— Il faut compter entre quatre et cinq mois de voyage, en fonction des conditions en mer.

— Tout cela simplement pour de l’argent ?

— Je ne vous mentirais pas, l’argent ne sera pas de trop, mais j’ai d’autres projets.

— Je suis désolée de vous l’apprendre, mais vous perdez votre temps, comme la moitié des hommes que j’ai rencontré aujourd’hui. Je n’ai pas hérité des dons de divination de ma mère. Pourquoi croyez-vous que l’on cherche à me faire quitter le temple sinon ?

— Vos pouvoirs m’importent peu.

— Vous m’avez perdue… Pourquoi voulez-vous m’épouser ?

— Je ne viens pas demander la main de la fille de Sanae Hashimoto, mais celle de Vahid Akhylis, feu prince de Mezdha. »

L’impassibilité affichée de Koré depuis le début de leur entretien fut finalement perturbée. Ses yeux s’écarquillèrent, sa bouche resta entrouverte. Ottar était effectivement le premier à avoir retrouvé l’héritière. Rien n’était perdu.

« Votre oncle, Urad Akhylis, est décédé brutalement. Il a laissé le royaume sans héritier et Mezdha vit actuellement une crise politique sans précédent.

— Mon père était prince du royaume de Mezdha ? »

Ottar fronça ses sourcils.

« Vous l’ignoriez ?

— Oui… enfin, non. Ma mère m’en avait parlé. Je n’ai jamais connu mon père, et même si je ne crois pas qu’il soit simple de tromper l’instinct de ma mère, elle était jeune et amoureuse… Je n’ai jamais pu réellement croire à une histoire si invraisemblable.

— C’est pourtant la vérité. Vous êtes la dernière descendante vivante de la famille royale.

— Le pouvoir ne m’intéresse pas. 

— Parfait, nous sommes faits pour nous entendre. » Ottar se risqua un sourire forcé qui fut accueilli par un visage encore plus fermé qu’aux premiers instants de leur rencontre. « J’ai de grands projets pour réformer le pays. Vous avez dû vous en rendre compte, je n’ai pas exactement grandi avec une cuillère en argent. Mezdha a été un grand royaume par le passé, le plus grand, mais aujourd’hui, ce n’est qu’une façade. La pauvreté est omniprésente. Les inégalités entre les enfants de Shamash et les familles issues des autres Fondateurs qui ont fait leurs richesses du temps des grands rois sont devenues intolérables. Nous sommes nombreux à vouloir des changements radicaux.

— Vous voulez organiser un coup d’État ?

— Je n’ai aucun désir de verser du sang. Votre rôle aura son importance pour cette raison. Mes réformes bouleverseront l’ordre, mais elles sont nécessaires. Lorsqu’elles seront attaquées et critiquées, notamment par les grandes familles installées à Sialk, personne n’osera aller jusqu’à essayer de renverser une Akhylis. Personne n’a osé s’opposer ouvertement à Urad.

— Mon oncle… J’ignorais que mon père avait un frère. Comment était-il ? »

Despotique, cruel, et délirant sur sa fin, énuméra Ottar pour lui-même. Un meurtrier qui méritait sa mort.

« Il n’était pas très apprécié.

— Vous le haïssez. » Ce n’était pas une question. « Mezdha… Est-ce vrai que là-bas, presque la moitié de la population possède des pouvoirs ? Et que chacun est libre d’utiliser ses dons ?

— C’est le cas. Beaucoup de réfugiés viennent à Mezdha pour cette raison. Alors qu’ils sont discriminés dans les royaumes voisins, les personnes dotées de pouvoirs puissants ont toujours été valorisées dans Mezdha. C’est ce qui a fait la richesse du royaume lors des siècles passés, mais malheureusement aujourd’hui, trop en abuse. Les grandes familles mezdhiennes marient leurs progénitures entre elles dans l’espoir de transmettre leurs puissants dons et de perdurer leur influence. Il n’y a plus de justice. Seule la loi du plus fort est de mise. »

Ottar sentait son propre venin dans ses paroles. Il était sensé séduire Koré Akhylis, non l’effrayer.

« À côté du marché des tapis de Sialk, il y a une charmante rue où une vingtaine d’échoppes sont tenues par des enfants de Nabû. Il suffit de leur donner des graines pour qu’ils fassent pousser des fleurs, arbustes ou légumes en quelques minutes. 

— J’aimerais voir ça.

— Vous pourrez vous y rendre autant de fois que vous le voudrez si vous m’épousez.

— Entendu. »

Ottar la regarda interdit. Il était impossible de savoir à quoi elle pensait. Était-ce si simple ?

« Vous acceptez ?

— Vous semblez surpris. Oui, je vous choisis. Ottar Déïmos… Je n’ai pas hérité des dons de divination de ma mère, mais si j’ai bien appris une chose auprès de la Haute-Prêtresse, c’est que le hasard n’existe pas. Il n’y a que le destin et nos choix. » Elle pose la paume de sa main sur son bras droit. « J’ai aussi mes raisons de vouloir accepter. Celle-ci en est une parmi d’autres. Puis-je vous faire confiance ?

— Je vous protégerai, je le jure. Une toute nouvelle vie commencera pour vous, pour nous deux. »

Elle fit signe à la suivante que l’entretien était terminé. Koré s’adressa à elle avant qu’Ottar ne prenne pleinement conscience qu’il avait réussi. Il était trop incrédule pour être heureux. « Inutile d’attendre deux semaines. J’ai trouvé mon mari. Prévenez la Haute-Prêtresse. » 

 

 

 

 

 

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
Vous lisez